Rencontres entre photographes, ce que les réseaux ne remplaceront jamais
On se suit depuis des mois. On like, on commente, on partage. Et puis un jour on se retrouve autour d'un verre, et on réalise que tout ce temps passé sur un écran n'était qu'un préambule.
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La communauté photo en ligne : une promesse à moitié tenue
Les réseaux sociaux ont changé quelque chose de fondamental dans la façon dont les photographes se trouvent, s'observent et s'inspirent. En quelques années, il est devenu possible de suivre le travail d'un photographe norvégien, d'échanger avec un street photographer japonais, de découvrir des univers visuels que la géographie nous aurait autrement rendus inaccessibles.
C'est réel. C'est précieux. Je ne le nie pas. Ma propre pratique a été nourrie par des découvertes faites sur Instagram, par des conversations engagées sous des posts, par des affinités artistiques construites à coups de doubles taps et de messages privés.
« Mais il y a quelque chose que le scroll ne peut pas donner. Quelque chose qui n'existe que dans la rencontre physique, dans la présence de l'autre, dans la conversation qui déborde. »
Une rencontre née des réseaux, accomplie en vrai
C'est comme ça qu'on s'est retrouvés aux Sables-d'Olonne. Deux photographes que les algorithmes avaient mis en présence l'un de l'autre, et qui avaient fini par décider que les pixels ne suffisaient plus.
La première chose qui m'a frappé, c'est à quel point la conversation a été immédiate. Pas le genre d'échange où on cherche ses mots, où on se présente poliment en listant ses influences. Non, le genre de conversation qui commence au milieu, comme si on se connaissait déjà, parce que d'une certaine façon c'était le cas.
On avait vu nos images respectives. On savait comment l'autre regardait le monde. Il ne restait plus qu'à vérifier si le reste était à la hauteur et c'était le cas.
Ce qu'on ne dit pas en ligne
Dans une vraie conversation entre photographes, il se passe des choses que les commentaires Instagram ne permettent pas. On parle de ses doutes. De l'image qu'on a ratée et qu'on n'arrive pas à oublier. Du projet qu'on n'ose pas encore montrer. De ce moment sur le terrain où tout s'est mis en place et où on a su, avant même de regarder le viseur, que l'image était là.
On parle aussi de technique mais pas de la même façon qu'en ligne. Pas de tutoriels, pas de chiffres. Plutôt la façon dont on apprivoise une lumière difficile, dont on décide de rester ou de partir, dont on fait confiance à son instinct plutôt qu'à ses réglages.
« La photographie est un art solitaire dans sa pratique et profondément collectif dans ce qu'elle génère. La rencontre en est la preuve vivante. »
L'émulation que seul le terrain crée
Il y a aussi quelque chose d'irremplaçable dans le fait de photographier ensemble ou plutôt côte à côte, chacun dans sa propre vision, dans le même espace. On voit comment l'autre regarde. On découvre qu'il s'arrête là où on aurait continué. Qu'il attend là où on aurait déclenché.
C'est une leçon silencieuse et immédiate. Plus formative que n'importe quel article de blog y compris celui-ci, je le concède volontiers.
Les réseaux nous montrent le résultat. La rencontre nous montre le chemin. Ce n'est pas du tout la même chose.
Une invitation
Si vous êtes photographe amateur passionné, praticien régulier ou simplement curieux de l'image et que vous vous reconnaissez dans ce que je décris : n'hésitez pas à prendre contact. Que ce soit pour un atelier photo en Vendée, pour une sortie shooting aux Sables-d'Olonne, ou simplement pour un café et une conversation qui commence au milieu.
Les meilleures choses qui me soient arrivées en photographie ont commencé par une rencontre. Aucune ne m'a été livrée par un algorithme.
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